Documentation : Visite du Strasbourg médiéval.

La ville de Strasbourg à la fin du XIIIème siècle

 

 

Limite ouest : les Ponts-Couverts

L’une des 3 tours qui gardaient la ville - 42 ko

L’une des 3 tours qui gardaient la ville

Trois hautes tours carrées, conçues lors du 3ème agrandissement de la ville entre 1228 et 1234, reliées par un pont de bois, défendaient l’accès à la ville par le bras de l’Ill qui mène à la Petite-France et de là vers le Pont du Corbeau.

 

La Petite-France

Le nom date du XVIème siècle. Dès le Moyen Age, c’est le quartier des tanneurs, animé et envahi par les odeurs de peaux séchées et de produits malodorants utilisés pour les traiter. La plupart des maisons ont gardé des signes de cette activité : les greniers, ouverts sur le côté, dans lesquels on faisait sécher les peaux.

Une ancienne tannerie - 82.4 ko

Une ancienne tannerie

L’actuelle rue du Fossé-des-Tanneurs était un canal, creusé dans les premières années du XIIIème siècle, qui traversait la ville de part en part et dans lequel se déversaient les déchets des différentes activités artisanales présentes dans le quartier.

La Grand’Rue date de l’époque romaine, lorsque Strasbourg (Argentoratum) était un camp militaire et qu’elle en constituait l’axe est-ouest ( strada superior ) qui venait de Saverne.

L’église Saint-Thomas, « fille aînée de la cathédrale » est l’une des plus anciennes églises de Strasbourg. Ses fondations datent du VIIIème siècle, mais sous son aspect actuel, elle a été construite au XIIIème siècle. Suivant une tradition qui remonte au Moyen Age et afin d’éviter toute interférence, les cloches de Saint-Thomas sonnent cinq minutes avant celles de la cathédrale.

 

Limite sud : la Porte de l’Hôpital

Par elle, on entrait dans Strasbourg au XIIIème siècle et accédait aux Hospices Civils.

La pharmacie des Hospices Civils - 68.7 ko

La pharmacie des Hospices Civils

Moins étendus au Moyen Age, ils étaient à la fois consacrés aux soins aux malades et à l’apprentissage de la médecine. Dans l’une de leurs caves se trouve une petite pièce, le Teatrum Anatomicum, où l’on disséquait (en cachette des autorités religieuses) les corps des suicidés et des condamnés à mort afin de progresser dans la connaissance du corps humain.

Le Pont du Corbeau était le lieu des exécutions judiciaires. Une inscription sur son parapet rappelle quels étaient les crimes que l’on y punissait. Jusqu’au XVème siècle, les condamnés étaient ligotés à une planche, le scupha, qui basculait dans l’eau et que l’on pouvait animer d’un mouvement de va-et-vient. Elle fut ensuite remplacée par des cages de fer suspendues au-dessus de la rivière. De l’autre côté de l’Ill (actuel Musée Historique) se trouvaient les étals des bouchers et les abattoirs. On devine dans quel mélange d’eau et de déchets de boucherie les condamnés étaient plongés.

La Rue du Vieux-Marché-aux-Poissons et son prolongement, la Rue des Grandes-Arcades, étaient l’axe nord-sud de la ville, sur lequel s’étaient établis de nombreux marchands et marchés à vocation alimentaire. Elles se rejoignent sur le lieu de l’actuelle place Gutenberg, l’un des plus anciens sites de Strasbourg, déjà carrefour à l’époque romaine. C’était un lieu où œuvraient de nombreux artisans depuis le XIème siècle, autour de l’église Saint-Martin dont il ne subsiste aujourd’hui aucune trace.

 

Centre de la ville médiévale : la Cathédrale Notre-Dame

Sa construction a nécessité plus de quatre siècles (1015-1439), de la crypte à la flèche.

A la fin du XIIIème siècle, seuls ont été construits le chœur et le transept (1176-1235) et la nef (1240-1275). En 1277 débutent les travaux sur la façade. Ils seront ralentis en 1298 par un grand incendie qui détruira une grande partie des aménagements réalisés.

La grande rose de la façade ouest a été conçue dès 1285, mais réalisée au début du XIVème siècle par maître Erwin, maître d’œuvre du chantier de la cathédrale fin du XIIIème-début du XIVème siècles.

Le Pilier des Anges, l’un des éléments ornementaux les plus anciens à l’intérieur de la cathédrale, date du début du XIIIème siècle.

La statue moderne de Sabine (parvis sud du transept) rappelle que des femmes sculpteurs ont participé à l’embellissement de la cathédrale.

Sabine - 45.8 ko

Sabine

Selon la légende, Sabine aurait été la propre fille de maître Erwin dont la statue se trouve près d’elle, tenant à la main un plan de la façade de la cathédrale.

Erwin, maître-d’oeuvre - 75.2 ko

Erwin, maître-d’oeuvre

Cette entrée était réservée à l’évêque, dont le palais se trouvait de l’autre côté de la place, sur l’emplacement de l’actuel palais Rohan. Sur la même place, à droite, se trouve le bâtiment de l’Œuvre Notre-Dame, l’organisme qui depuis le Moyen Age se charge de collecter les fonds nécessaires à la construction et l’entretien de la cathédrale.

A la différence du chœur dont l’accès fut longtemps réservé aux membres du clergé, la nef était au Moyen Age constamment envahie par une foule très diversifiée : marchands traitant leurs affaires, avocats rencontrant leurs clients, entrepreneurs cherchant des ouvriers, tout le monde s’interpellant à haute voix. C’était le lieu de réunion par excellence des Strasbourgeois.

 

Plan de la cathédrale - 74.7 ko

Plan de la cathédrale
1. Chœur et abside / 2. Pilier des Anges / 3. Statues d’Erwin et Sabine / 4. Chaire / 5. Transept nord / 6. Transept sud / 7. Nef / 8. Vers le palais de l’évêque

En quittant la cathédrale

A l’angle de la rue Mercière et de la place de la cathédrale, l’ancienne Pharmacie du Cerf fut, jusqu’à sa récente fermeture, la plus ancienne pharmacie d’Europe encore en activité (existence attestée en 1268).

L’ancienne Pharmacie du Cerf - 84.7 ko

L’ancienne Pharmacie du Cerf

D’après la légende, de la maison voisine partait un souterrain qui menait au prétendu lac situé sous la cathédrale. En réalité, la cathédrale a été construite sur un sol très humide. Pour consolider ses fondations, les premiers bâtisseurs ont été obligés de planter dans le sol des pilotis en chêne.

La place Broglie, ancien marché romain, était au Moyen Age la place où avaient lieu les tournois.

par M. Cobai le mardi 17 mai 2005

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